Harry Potter et le mystère de la Chouette Effraie

 

Chapitre 38 : La confrontation

 

            La piste de Laurent était assez facile à suivre. Le chemin qu’il s’était tracé à travers les fourrés, mena Harry jusqu’à un petit sentier. Là, il s’arrêta. Rien, aucune trace de Laurent. Il semblait s’être volatilisé. Harry hésita sur la démarche à suivre : rejoindre les autres ou tenter de suivre le sentier , dans l’espoir de retrouver Laurent. Optant pour la deuxième idée, sa curiosité l’emportant sur son bon sens, il s’engagea dans le sentier.

 

            Après dix minutes de marche, il arriva dans une petite clairière. Là, Harry s’arrêta à nouveau, tendu, la baguette en avant. Un craquement, sur sa gauche, le fit sursauter. Se retournant dans cette direction, il ne vit, au premier abord, rien d’inquiétant, sous la pénombre des sous-bois.

 

            Un éclair zébra alors le ciel, illuminant ainsi, l’espace d’un instant, les alentours. Harry retint alors une exclamation de stupeur en apercevant les grandes silhouettes cagoulées de Détraqueurs.

 

            D’abord surpris par cette vision, Harry mit un peu de temps à comprendre qu’il était encerclé de Détraqueurs, que Laurent l’avait conduit dans un véritable piège.

 

            Reprenant son calme, Harry pointa sa baguette sur l’une des immenses silhouettes qui s’avançaient dangereusement vers lui.

 

            “SPERO PATRONUM !” hurla-t-il, alors.

 

            Une immense forme argentée jaillit alors de sa baguette et chargea les Détraqueurs qui reculèrent.

 

            Harry sourit devant le spectacle d’une cinquantaine de Détraqueurs rassemblés dans un coin de la clairière et contenus par un simple, mais cependant efficace, Patronus. Mais ce spectacle fut de courte durée.

 

            Laurent surgit alors, à l’autre bout de la carrière. Il adressa un rapide coup d’œil à Harry puis aux Détraqueurs avant de sourire froidement, sa baguette à la main.

 

            “Destructo !” lança-t-il nonchalamment.

 

            Le Patronus disparu soudain.

 

            “Restez en arrière ! ordonna-t-il aux Détraqueurs. Laissez le moi !”

 

            Harry, muet de stupeur, mit un certain temps avant de réaliser la véritable identité de Laurent.

 

            “- Voldemort ! s’exclama-t-il, en levant sa baguette.

 

             - Bravo ! Je te félicite d’avoir deviné si vite ! se moqua Voldemort. Trompeur comme apparence n’est-ce pas ? Qui aurait pu suspecter un innocent garçon, surdoué au Quidditch, premier de sa classe ? Même Dumbledore s’est fait avoir !

 

             - C’est vous qui avez fait apparaître la Marque des Ténèbres, le soir d’Halloween, n’est-ce pas ? remarqua Harry, calmement.

 

             - Bien évidemment ! Je n’ai eu aucun mal à manipuler les Serpentard ! Ils se sont retrouvés dehors, ce soir-là. Evidemment, personne n’aurait soupçonné un élève d’avoir fait la Marque, alors, cet imbécile de Dumbledore a supposé à une éventuelle attaque de mes Mangemorts qui étaient pourtant à des kilomètres du château ! Après, Drago Malefoy s’est arrangé pour provoquer tout le monde, de manière à ce que Dumbledore le “sermonne” ! Par conséquent, Lucius s’est plaint auprès de Fudge qui a renvoyé Dumbledore de Poudlard ! Rien de plus simple ! Après, je n’avais plus qu’à choisir le bon moment pour agir ! Mais maintenant que je t’ai enfin sous la main, je vais pouvoir reprendre ma forme réelle !”

 

            Harry, toujours immobile, observa Voldemort reprendre sa forme réelle, sans trop savoir que faire. Il tressaillit quand, à la lueur d’un nouvel éclair, le Grand-Duc noir vint se poser sur une branche au dessus de Voldemort. Devant l’expression surprise de Harry, Voldemort éclata d’un rire sinistre.

 

            “Comme tu peux le voir, j’ai profité d’avoir rejoint votre groupe pour réanimer mon hibou, il pourrait m’être encore utile ! Bien, assez discuté ! Passons aux choses sérieuses !”

 

            A ses mots, un petit groupe de Mangemort apparut derrière lui et rejoignit les Détraqueurs. Parmi eux, Harry n’eut aucun mal à repérer Pettigrow, plus petit que les autres Mangemorts.

 

            Un hululement, étouffé, attira alors l’attention de Harry. Du coin de l’œil, il aperçut la chouette effraie posée sur une branche, hors du champ de vision du Grand-Duc.

 

            “Tu m’as déjà échappé une fois, ce soir, mais, cette fois, tu ne t’en tira pas aussi facilement !”

 

            Voldemort s’apprêtait à lancer un de ses sortilèges dont il avait le secret quand la chouette effraie, s’étant arrangée pour passer au dessus du mage noir, sans se faire repérer par le Grand-Duc, piqua soudain, les serres en avant, sur la baguette de Voldemort.

 

            “Tuez moi cette chouette !” rugit Voldemort, à l’adresse de ses partisans, en voyant la chouette reprendre de l’altitude, la baguette entre les serres.

 

            Obéissant, les Mangemorts sortirent leurs baguettes et tentèrent de viser la chouette qui slalomait, entre les tirs, déjouant les tentatives des Mangemorts, gênés par la pluie qui depuis quelques minutes, tombait drue.

 

            “Vous ne pourriez pas viser juste, bande d’incapables ! tonna Voldemort. Arrêtez ! Vu votre incapacité, je ne vois qu’une seule solution !”

 

            Le Grand-Duc, comme s’il avait compris, pris soudain son envol et se rua sur la chouette qui, jusqu’à maintenant, planait, provocante, au dessus de la carrière.

 

            Entre temps, Harry profitant du désordre occasionné par la chouette, recula discrètement, jusqu’aux arbres, au moment où le Grand-Duc, avantagé par sa grande taille, se jetait sur la petite chouette. Le rapace noir semblait avoir l’avantage sur l’effraie quand une autre chouette, entièrement blanche, surgit dont ne sais où et heurta de plein fouet le Grand-Duc qui tituba sous le choc.

 

            “Hedwige ?” s’étonna Harry en reconnaissant sa chouette.

 

            Voldemort, surprenant le mouvement de recul de Harry, hurla soudain.

 

            “ Stupéfixez le ! Ne le laissez pas filer !”

 

            Les Mangemorts, obéissant docilement, se tournèrent vers Harry qui s’immobilisa et remarquant, au passage, un temps d’hésitation chez certains d’entre eux. Mais d’autres, implacable, compensèrent la faiblesse de ces hésitants.

 

            “Stupéfix !” lancèrent-ils en chœur.

 

            Cependant, les sortilèges de stupéfixion se heurtèrent à un autre sortilège, le charme du bouclier, épargnant ainsi Harry. Celui-ci n’eut aucun mal à deviner qui venait, une fois encore de lui sauver la mise.

 

            “Incapables ! marmonna Voldemort. Assez joué… ! Elle commence à m’agacer, cette chouette ! Accio !”

 

            Sa baguette échappa à l’effraie et vint finir sa course dans la main du Seigneur des Ténèbres.

 

            “Laissez le moi !” hurla-t-il à l’adresse de ses Mangemorts, qui reculèrent.

 

            “- Tu as eu beaucoup de chance jusqu’à présent, Harry ! continua Voldemort en se tournant vers lui. Beaucoup trop de chance, même ! Mais la chance est comme le reste, elle finit par tourner ! Je vais donc pouvoir enfin me débarrasser de toi, personne, cette fois, ne m’en empêchera… !

 

             - Pas si sûr !”

 

            Les Mangemorts et Voldemort sursautèrent à ces paroles. Voldemort, lui-même, écarquilla les yeux, l’espace d’un instant, surpris, quand James Potter surgit à son tour et rejoignit Harry.

 

            Un silence étrange s’installa sur la clairière, seulement troublé par le bruit de la pluie. Hedwige et la chouette effraie s’étaient repliées dans les arbres voisins, imitées par le Grand-Duc.

 

            “Ecoute moi bien, Harry ! lui chuchota son père. Pendant que j’occuperait Voldemort, je veux que tu cours, le plus loin possible, sans te retourner, d’accord ? Je veux que tu rejoignes Dumbledore ! Là, tu seras à l’abri ! Tu m’as compris ?

 

             - Mais... !

 

             - Harry, ce n’est pas le moment ! Je ne pourrai pas le retenir très longtemps, mais je veux que tu t’enfuis !

 

             - D’accord ! céda Harry, après une courte hésitation.

 

             - Bon, prépare-toi !”

 

            La chouette effraie surgit soudain du ciel et, piquant à travers le rideau de pluie, sans laisser le temps à Voldemort de se remettre de sa surprise, le heurta de plein fouet, les serres en avant.

 

            “- Encore cette chouette ! hurla-t-il. Tuez la, et cette fois, vous n’avez pas intérêt à la rater !

 

             - Maintenant Harry ! Maintenant !”

 

            Harry, obéissant, fit demi-tour et courut jusqu’au sentier qui l’avait mené à la clairière.

 

            Mais Voldemort, quelque peu occupé, aperçut néanmoins Harry et ordonna à l’un de ses Mangemorts :

 

            “Débarrasse-toi du gamin !”

 

            Celui-ci, abandonnant la chouette, s’intéressa à Harry.

 

            “Avada Kedavra !”

 

            Harry, malgré la pluie, comprenant aussitôt ce qui se passait, lança, par réflexe, le charme du bouclier, sachant très bien que ça ne suffirait pas à arrêter l’Avada Kedavra.

 

            Comme Harry l’avait deviné, le sortilège brisa le bouclier et le frappa de plein fouet.

 

            “Harry ! Non !”

 

            Ce furent les derniers mots que Harry entendit avant de tomber sur le sol, sans connaissance.

 

 

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